Périnatalité1 mai 2026· 8 min de lecture

Fertilité masculine et alimentation : ce que l'homme peut faire pour améliorer sa spermatogenèse

MV

Margot Vire

Diététicienne-nutritionniste · Hôpital Américain de Paris — Neuilly-sur-Seine · D.U. Gynécologie de l'infertilité et AMP · RPPS 10007322976

La qualité du sperme a chuté de 50 à 60 % en 40 ans en Europe selon Levine et al. (2017), une méta-analyse portant sur 185 études et 42 935 hommes. Cette tendance est alarmante, et ses causes sont multiples : perturbateurs endocriniens, sédentarité, obésité, stress oxydatif. Ce que peu de couples savent, c'est que l'alimentation masculine peut significativement améliorer la spermatogenèse — et qu'elle est souvent négligée dans les bilans de fertilité.

Comprendre les paramètres séminaux et leur lien avec la nutrition

Le spermogramme évalue plusieurs paramètres selon les normes OMS 2021 :

La spermatogenèse est un processus continu, qui dure environ 74 jours. Pendant cette période, les spermatozoïdes en formation sont extrêmement sensibles au stress oxydatif. L'alimentation influence directement la quantité d'antioxydants disponibles dans le plasma séminal et dans les cellules de Sertoli qui nourrissent les spermatozoïdes en développement. Quand le couple engage un parcours de PMA, ces 74 jours se calent sur les trois mois de préparation ovocytaire.

Prise en charge de la fertilité masculine par l'alimentation

Je reçois souvent les deux membres du couple : mes consultations femme et fertilité décrivent le versant féminin de cette préparation.

Le zinc : micronutriment numéro un de la fertilité masculine

Le zinc est présent en haute concentration dans le plasma séminal. Il protège l'ADN spermatique, contribue à la synthèse de la testostérone et soutient la mobilité. Une carence en zinc est associée à une réduction de la concentration spermatique et à une augmentation de la fragmentation de l'ADN.

Sources alimentaires prioritaires : huîtres (la source la plus concentrée : 50-80 mg/100g), viande rouge maigre, crabe, graines de courge, légumineuses, noix de cajou.

Le sélénium et la glutathion peroxydase

Le sélénium est le cofacteur de la glutathion peroxydase spermatique, une enzyme antioxydante clé qui protège les spermatozoïdes des radicaux libres pendant leur transit dans l'épididyme. Les études de Salas-Huetos et al. (2017) montrent qu'un statut suffisant en sélénium est associé à une meilleure morphologie et mobilité spermatique.

Source alimentaire incontournable : 1 à 2 noix du Brésil par jour (environ 70-90 µg de sélénium, couvrant les besoins journaliers). Attention à ne pas dépasser 3-4 par jour, car un excès de sélénium est toxique.

Le lycopène : l'antioxydant de la tomate cuite

Le lycopène est un caroténoïde avec une forte activité antioxydante. Il est particulièrement concentré dans les testicules et le plasma séminal. Plusieurs études pilotes montrent qu'une supplémentation en lycopène améliore la concentration et la mobilité spermatique chez des hommes subfertiles.

Bonne nouvelle : le lycopène alimentaire est mieux absorbé depuis la tomate cuite (concentré de tomate, sauce tomate, coulis) que depuis la tomate fraîche, et son absorption est amplifiée par la présence d'huile d'olive. Une sauce tomate maison à l'huile d'olive est une excellente source.

Les oméga-3 et la fluidité membranaire

Les spermatozoïdes sont riches en acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras oméga-3 à très longue chaîne. Le DHA est indispensable à la fluidité de la membrane spermatique et à la capacitation (activation du spermatozoïde avant la fécondation).

Objectif : 2 à 3 portions de poissons gras par semaine (saumon, maquereau, sardine, hareng) et assaisonnement à l'huile de colza ou de noix. Les hommes très végétaux peuvent discuter d'une supplémentation en DHA d'origine algale avec leur médecin.

Les folates masculins : un oublié de la fertilité

Les folates (vitamine B9) sont nécessaires à la synthèse de l'ADN et à la méthylation. Chez l'homme, une carence en folates est associée à une augmentation de la fragmentation de l'ADN spermatique et à une hausse des anomalies chromosomiques. Sources : légumes verts à feuilles, légumineuses, foie, levure de bière.

La CoQ10 pour les mitochondries spermatiques

La CoQ10 est concentrée dans les mitochondries du flagelle spermatique, qui produisent l'énergie nécessaire à la mobilité. Une supplémentation en CoQ10 (200-300 mg/jour d'ubiquinol) améliore la mobilité et la concentration spermatique dans plusieurs essais randomisés, particulièrement en cas d'asthénozoospermie.

Les facteurs qui dégradent la qualité spermatique

Quand consulter ?

Ce qu'on entend souvent (et qui est faux)

"La fertilité, c'est surtout l'affaire de la femme." Faux. Dans 40 à 50 % des couples infertiles, un facteur masculin est impliqué, seul ou en association avec un facteur féminin. Le bilan masculin (spermogramme) doit être réalisé en parallèle du bilan féminin, dès les premières consultations. Quand la partenaire présente un SOPK, l'alimentation dans le SOPK se travaille dans le même temps.

"Les compléments pour hommes vendus en pharmacie suffisent." Ces compléments sont rarement dosés de manière optimale et souvent peu ciblés. Un bilan nutritionnel individualisé permet d'identifier les vrais déficits et d'adapter la stratégie.

"Si le spermogramme est normal, l'alimentation ne change rien." Un spermogramme standard peut être normal avec une fragmentation de l'ADN élevée — qui est un facteur prédictif puissant d'échec en FIV. L'alimentation antioxydante réduit la fragmentation même quand les paramètres standards sont dans les normes.

Quand consulter sans attendre pour la fertilité masculine ?

Prendre rendez-vous pour un bilan nutritionnel de la fertilité — consultation à Paris, Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret ou en téléconsultation.

Questions fréquentes

En combien de temps l'alimentation peut-elle améliorer les paramètres séminaux ?
Un cycle de spermatogenèse dure environ 74 jours, auxquels s'ajoutent 12 à 21 jours de maturation épididymaire. Au total, les spermatozoïdes présents dans l'éjaculat ont été produits il y a environ 3 mois. Une intervention nutritionnelle sérieuse doit donc être maintenue au moins 3 mois avant un spermogramme de contrôle ou avant une FIV/ICSI.
Quelle est la dose d'antioxydants recommandée pour la fertilité masculine ?
Il n'existe pas de dose standardisée pour les compléments antioxydants en fertilité masculine. Les études utilisent généralement des combinaisons : vitamine C (1 000 mg/j), vitamine E (400 UI/j), sélénium (100 µg/j), zinc (25-30 mg/j), CoQ10 (200-300 mg/j). Avant de supplémenter, il est préférable d'évaluer les carences réelles avec un bilan biologique.
L'alcool réduit-il vraiment la qualité du sperme ?
Oui. Une consommation chronique d'alcool réduit la testostérone, augmente les formes anormales de spermatozoïdes (tératozoospermie) et altère la mobilité. L'effet est dose-dépendant : même une consommation modérée (> 5 verres/semaine) est associée à une dégradation des paramètres séminaux. Une abstinence de 3 mois avant une FIV est recommandée par de nombreux centres de PMA.
Le lycopène améliore-t-il la concentration en spermatozoïdes ?
Les données sont prometteuses. Une supplémentation en lycopène (4-8 mg/jour) a montré une amélioration de la concentration et de la mobilité spermatique dans plusieurs essais pilotes. Alimentairement, le lycopène est particulièrement bien absorbé depuis la tomate cuite (sauce tomate, concentré de tomate) en présence d'huile d'olive.
L'obésité masculine affecte-t-elle la fertilité ?
Oui. L'obésité masculine est associée à une hypogonadisme hypogonadotrope fonctionnel, une fragmentation accrue de l'ADN spermatique et une réduction de la testostérone. La chaleur scrotale (tissu adipeux périnéal et scrotal) dégrade également la spermatogenèse, qui nécessite une température inférieure de 2 à 4°C à celle du corps. Une perte de poids de 5 à 10 % améliore les paramètres séminaux en 3 à 6 mois.

Sources et repères pour comprendre

Votre accompagnement avec Margot Vire

Paris & Ouest parisien, ou en téléconsultation. Les lieux, motifs et modalités disponibles sont précisés lors de la réservation.

Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas une consultation médicale ni un accompagnement diététique personnalisé. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé.

Margot Vire · RPPS 10007322976 · Publié le 1 mai 2026 · Révisé le 1 mai 2026

Le premier pas, à votre rythme

Et si on en parlait ensemble ?

Une consultation pour faire le point sur votre alimentation, vos besoins et ce qui compte pour vous.

Prendre rendez-vous →En cabinet ou en téléconsultation